Archive for the ‘Zoologie’ Category

Les Petits Noms du Paille-en-Queue

Le Paille-en Queue est un oiseau marin emblématique de l’île de la Réunion.

Caractérisé par une paire de longues plumes qui ornent son arrière train plusieurs noms lui sont attribués :

  • Paille-en-Queue à Bec Jaune
  • Paille-en-Queue
  • Paille-en-Cul
  • Paille-en-Cul à Bec Jaune
  • Phaéton à Bec Jaune
  • Petit Phaéton
  • White-tailed Tropicbird (en anglais)
  • Phaethon lepturus (Daudin, 1802)
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Le Gecko Vert des Hauts

Encore une espèce de Phelsuma endémique !

Contrairement à son cousin de Manapany (Phelsuma inexpectata), celui-ci a une aire de répartition beaucoup plus étendue. Il existe même sur l’île deux sous-espèces à la répartition bien distincte : Phelsuma borbonica borbonica (Mertens, 1942) et la sous-espèce Phelsuma borbonica mater (Meier, 1995).

Il s’agit ici de P. b. borbonica. On le rencontre dans le Nord-Est de l’île entre 50 et 2000 mètres d’altitude. C’est un gecko diurne qui lui vaut les surnoms de Lézard Vert des Hauts, Phelsume de Bourbon ou encore Gecko diurne de la Réunion (ou de Bourbon).

La coloration dominante est le vert qui est délicatement agrémentée de rouge sur la tête et le corps et de bleu surtout sur la queue. Ce gecko aurait tendance à rougir en vieillissant (peut-être par timidité).

Le mâle est plus grand que la femelle est atteint la taille d’une quinzaine de centimètres.

Cette espèce est essentiellement insectivore mais ne dédaigne pas le nectar de certaines fleurs (Vacoas, Losto Café, Bois de Corail, etc.) et certains sucs de fruits (goyaviers par exemple).

La saison de reproduction s’étend essentiellement de septembre à mars.

On le rencontre dans les forêts indigènes humides et, si bien sûr  l’espèce est présente, on l’observe relativement facilement dans les vacoas (Pandanus montanus et purpuraescens). Si le soleil n’est pas de la partie, il faut quand même chercher un peu.

L’espèce est surtout menacée par la disparition de son habitat (pestes végétales, défrichement) et la fragmentation des populations. A l’heure actuelle elle est considérée comme « En Danger » par l’IUCN lors de la dernière estimation de juillet 2010.

Comme souvent dans les forêts d’altitude, on est dans les nuages… Du coup la lumière est un peu pourrie.

Photos réalisées au Canon EOS 40D et Canon EF 100mm f/2.8 macro USM

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Copyrighted © Manapany

Le lézard vert de Manapany fait partie des nombreuses espèces endémiques de l’île de la Réunion.

Comme son nom ne l’indique pas, c’est une espèce de gecko appartenant au genre Phelsuma. Les Phelsuma ont une coloration de base verte et sont diurnes pour la plupart.

Le gecko vert de Manapany (Phelsuma inexpectata), comme son nom l’indique, ne se trouve qu’à Manapany. Il occupe un territoire très restreint au Sud de l’île.

Endémique ne signifie pas nécessairement rare, puisqu’on peut l’observer en très grand nombre sur le front de mer de Manapany-les-Bains. Il n’est pas très farouche. Les Vacoas (Pandanus utilis, sortes de palmiers à plusieurs étages) constituent son habitat de prédilection.

Il est aussi bien insectivore que nectarivore, voire même frugivore. Le mâle est plus grand que la femelle. La taille moyenne se situe aux alentours de 10 cm.

Parmi les quelques espèces de « lézards verts » de l’île de la Réunion, on le reconnaît essentiellement aux deux traits clairs longitudinaux le long de la tête et à la tache bleue du bout du museau.

Du fait des petits effectifs l’espèce est sous la menace permanente des chats et des rats. Comme si cela ne suffisait pas, une espèce de Phelsuma originaire de Madagascar a été introduite. Cette espèce est de grande taille (30 cm), très agressive et est un super-prédateur.

Selon le rapport 2010 de l’IUCN, il est considéré comme « En Danger Critique d’Extinction« .

Photos réalisées au Canon EOS 40D et Canon EF 100mm f/2.8 macro USM

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Big Brother is Watching You !

Le caméléon est un reptile fascinant qui présente de nombreuses particularités.

Capable du camouflage le plus subtil ou de l’affichage de couleurs des plus psychédéliques, il brille aussi par une lenteur légendaire.

Il peut projeter sa langue gluante (qui peut atteindre la taille de son corps) à une vitesse phénoménale (plus de 5 mètres par secondes) et avec une précision remarquable pour capturer ses proies.

Ses yeux ont la capacité de se mouvoir indépendamment l’un de l’autre. Cela permet à l’animal de pouvoir se déplacer tout en surveillant les alentours et la présence éventuelle de prédateurs.

Quand les deux yeux ne sont pas focalisés sur un même point, son cerveau gère deux images.

Chez la plupart des animaux, l’évaluation des distances (et la vision en 3D) se réalise grâce à une vision stéréoscopique binoculaire.

Pour le caméléon, l’évaluation des distances se fait grâce à l’accomodation de l’oeil. Les muscles de l’iris étirent ou contractent le cristallin afin d’obtenir une image nette. L’iris est doté de capteurs d’étirement qui transmettent un influx nerveux que le cerveau peut analyser.

Pour attraper une mouche ou tout autre insecte, l’évaluation des distances grâce à ce mécanisme ne suffit plus. Il faut recourir à la vision en 3D pour être le plus efficace possible.

Un premier œil repère la proie. Le deuxième qui balaie le panorama fixe à son tour la proie. Le cerveau analyse désormais en trois dimensions. Les repères sont pris, la langue peut sortir. Bon appétit !

[NDLR : Le caméléon panthère de son petit nom Furcifer pardalis (Cuvier, 1829) a été introduit il y a quelques années sur l'île de la Réunion en provenance de Madagascar. Il y a fait son trou et se fait affectueusement surnommer « l'endormi ».]

Photos réalisées au Canon EOS 40D, Canon ef 100mm f/2.8 macro usm, Canon ef 400mm f/5.6 l usm , bagues allonges Cokin

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« Plonge et Tais-Toi ! » ou La Ponte en Tandem de la Naïade aux Yeux Bleus

Il n’y a pas que les humains qui font du tandem. Et oui.

La reproduction des demoiselles (zygoptères) se déroule en plusieurs étapes :

  • Après une période de temps variable destinée à la maturation sexuelle, les demoiselles se retrouvent près d’un plan d’eau ou d’un ruisseau qui peut être leur plan d’eau d’origine (ou pas)
  • Le mâle s’approprie un petit territoire et le surveille
  • Il repère une jolie femelle et la cueille en vol. Avec ses pattes ou directement avec une sorte de pince située à l’extrémité de son abdomen (les cerques)
  • Une fois attrapée, le mâle entraîne la femelle en vol
  • Suite à ces préliminaires aériens, la température monte. La femelle replie alors ventralement son abdomen vers les organes génitaux du mâles situés sous le 2ème segment abdominal. Ils forment alors un cœur copulatoire. (pour la position, se référer au कामसूत्र)
  • Quelques heures plus tard, la femelle, toujours retenue entre la tête et le thorax par le mâle, se met en quête pour trouver l’endroit idoine pour y déposer la future progéniture. On parle alors de ponte en tandem.
  • Et là, selon les demoiselles (zygoptères), les modalités diffèrent

La naïade aux yeux bleus est aussi connue sous le nom d’agrion de Vander Linden. Le taxonomiste lui préfèrera le nom moins romantique d’Erythromma lindenii (Sélys, 1840). Bref.

Le comportement de ponte est original. Chez certaines espèces, le mâle et la femelle restent hors de l’eau (cas du Pennipatte Bleuâtre), les deux individus plongent ensemble (cas de la Petite Nymphe au Corps de Feu) ou d’autres anticipent la montée des eaux en pondant dans des rameaux de bois situés parfois très au-dessus du cours d’eau (cas des Lestes).

Chez la Naïade aux Yeux Bleus, le mâle ne se mouille pas en s’engageant. C’est en effet seulement la femelle qui plonge. Seules ses ailes flottent à la surface pendant qu’elle s’immerge le long d’une tige pour y insérer ses œufs.


Photo réalisée au Canon EOS 40D, Canon EF 100mm f/2.8 USM à Prantigny en Haute-Saône


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Jurer sur la Bibe

Nephila inaurata (Walckenaer, 1842) est l’espèce d’araignée la plus grande et certainement aussi la plus commune de l’Île de la Réunion.

La femelle peut aisément atteindre une dizaine de centimètres. Le mâle est beaucoup plus petit.

La toile est assez massive et la soie est de couleur jaune et (détail crucial) inclinée de 15° par rapport à la verticale.

La néphile dorée doit son nom à la couleur de son abdomen. Il existe une autre néphile que l’on peut croiser sur lÎle. Celle-ci a l’abdomen noir. Un flou taxonomique s’organise autour d’elle. S’agit-il d’une autre espèce, d’une sous-espèce, d’une variante colorée ?

En créole son petit nom est « bibe ».

Canon EOS 40d, Canon ef 100mm f/2.8 Macro USM

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Le Tec-Tec

Le Tarier de la Réunion, surnommé « tec-tec », est une espèce endémique de cette île.

L’endémisme caractérise la présence naturelle d’un groupe biologique exclusivement dans une région délimitée. Une espèce endémique est donc relative à un lieu : le tec-tec est endémique de la Réunion.

Les îles sont des territoires idéaux pour l’endémisme. Dans l’Océan Indien, Madagascar et l’Archipel des Mascareignes  (Maurice, Rodrigues, La Réunion) en sont de très bons exemples…

Le tec-tec est un tarier. Il appartient au genre Saxicola, comme ses cousins métropolitains le tarier pâtre (Saxicola rubicola) et le tarier des prés (Saxicola rubetra). On dénombre 14 espèces de Saxicola.

Le Tarier de la Réunion fut décrit par Gmelin en 1789.

C’est un petit oiseau court et rond d’un peu plus d’une dizaine de centimètres. La femelle revêt un plumage plus terne que le mâle. Encore que. Le plumage est variable selon les individus (mâles). Le plus coloré des mâles arborera une tête noire, un dos noir et des ailes de la même couleur. La gorge et le ventre sont blancs et le plumage de la poitrine est orange. Le mâle peut  être aussi beaucoup moins flamboyant et être indissociable de la femelle…

La saison des amours s’étend d’avril à septembre. Il niche au sol.

C’est un oiseau territorial qui aime à se placer en évidence sur un petit territoire dégagé qu’il surveille depuis un promontoire. Il est insectivore.

Forcément, le chant du tec-tec est « tec ! tec ! tec !… »

Très curieux, on peut l’approcher presque sans difficultés.

Canon Eos 40D, Canon ef 400mm f/5.6 l usm

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Mésange bleue

La mésange bleue est un petit passereau coloré de la famille des Paridae. La famille des Paridae, c’est la famille des mésanges « vraies » : mésange charbonnière, mésange noire, mésange huppée, mésange nonnette et mésange boréale (parmi celles que l’on peut croiser en France métropolitaine).

La mésange bleue est arboricole et évolue préférentiellement à la cime des arbres. Comme toutes les mésanges elle est surtout sédentaire (migre peu) et s’assemble parfois en bandes plurispécifiques = avec d’autres espèces de mésanges).

Elle mesure entre 11 et 12 cm et son envergure peut atteindre 14 cm. Elle ne dépasse pas la dizaine de grammes (9 g).

On la rencontre extrêmement facilement dans le jardins boisés, les bois et les forêts. L’hiver, c’est un hôte de choix à la mangeoire (apprécie particulièrement les graines calorifiques de tournesol, d’arachide…).

Elle est essentiellement insectivore et débarrasse les arbres de nombreux parasites : chenilles, pucerons… Elle ne dédaigne pas de temps en temps « croquer » une petite fleur (chatons de saule notamment) pour profiter du nectar.

Sa reproduction s’étale d’avril à juillet. Généralement, la femelle pond une dizaine d’œufs (de 9 à 13) au fond d’une cavité. La femelle couve seule et l’incubation est d’environ deux semaines. Les jeunes sont totalement autonomes et émancipés 1 mois après leur éclosion.

La mésange bleue zinzinule (utile au Scrabble), voire même zinzibule.

Des études génétiques récentes ont montré que les mésanges bleues du Maghreb et des Îles Canaries sont différentes des mésanges du continent européen.  Il y a donc deux espèces très proches Cyanistes (Parus) caeruleus et C. (P.) teneriffae. Une étude plus récente va encore plus loin dans la connaissance des mécanismes de colonisation des Îles Canaries par la mésange de Ténérife. Le résumé est ici.

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